Évaluation·Fait au Québec·Profession·Scolaire

7%, 34 et 50

J’aime plus ou moins parler de diagnostic. On trouvera fréquemment des professionnels compétents qui ne « s’entendent pas » sur le diagnostic d’un même enfant. Je trouve qu’une évaluation ne se résume jamais aux 2-3 mots choisis pour décrire les difficultés. Mais je sais qu’en scolaire, ces 2-3 mots choisis pour décrire les difficultés peuvent faire toute la différence entre recevoir des services ou non.

ChiffreCes derniers temps, j’ai entendu à quelques reprises qu’il y avait plus d’enfants avec un trouble envahissant du développement que d’enfants avec une déficience langagière ! J’étais tellement surprise ! Ça ne collait pas du tout avec les statistiques de prévalence que je connaissais. Habituellement, on parle de 7% pour les troubles du langage et de 1 à 2% pour les troubles envahissant du développement. Je n’ai trouvé aucune mesure pour le nouveau diagnostic du DSM-V « trouble dans le spectre de l’autisme ».

N’hésitant devant rien, j’ai écrit au Ministère de l’Éducation, du Loisirs et du Sport pour avoir les chiffres. Quelques semaines plus tard, la réponse arrivait dans ma boîte courriel ! En 2011-2012, 9 391 élèves ont une code 50 (trouble envahissant du développement) et 8 172 élèves sont identifiés avec un code 34 (déficience langagière). En 2009-2010, environ 1 000 000 élèves fréquentaient l’école primaire ou secondaire. Il y avait donc 0,9% élève avec un code 50 (TED) et 0,8% élève avec un code 34 (trouble du langage). Dépendant des commissions scolaires, ces codes peuvent servir à déterminer dans quel type de classe l’enfant sera scolarisé ainsi que les services qu’il recevra.

Comment ces chiffres pouvaient-ils être si loin de la prévalence trouvée en recherche ? Le fruit de ma  réflexion ci-bas:

CODE 34 : Déficience langagière
Les critères pour recevoir un code de déficience langagière sont très exigeants : difficultés sévères à l’expressif et au moins modérées à sévères au réceptif ET un suivi orthophonique régulier d’une durée minimale de six mois ayant précédé l’évaluation diagnostique. Ces critères limitent le nombre d’enfant à qui un code 34 sera attribué. Un enfant peut avoir un trouble de langage modéré à sévère à l’expressif et modéré au réceptif et ne pas être identifié comme ayant une déficience langagière par le MELS. Ce qu’il faut retenir : ce n’est qu’une partie des enfants avec un trouble du langage qui ont un code 34.

*D’ailleurs, soulignons que le code 34 est le seul pour qui on exige un suivi régulier afin de s’assurer que les difficultés sont persistantes. Je n’ai jamais compris pourquoi c’était le seul. Les orthophonistes sont aussi compétentes que n’importe quel autre professionnel et on ne conclut pas à un trouble sans avoir les éléments pour le faire. De la même manière qu’on ne demande pas à un médecin d’effectuer un suivi de 6 mois avant d’attester que l’enfant a un trouble envahissant du développement ou un trouble du comportement. Mais bon, c’est un autre dossier 😉

CODE 50 : TED
Les critères pour le TED ne spécifient pas de degré de sévérité ni de preuve que les difficultés notées à l’évaluation persistent malgré l’intervention. Le diagnostic du TED regroupe des enfants qui ont des difficultés de légères à sévères. Avec ces critères, il est raisonnable de penser qu’il est rare que le MELS refuse d’identifier avec un code 50 un enfant qui a reçu un diagnostic de TED car la sévérité du trouble n’est pas un critère.

Si vous avez d’autres explications, je suis toujours preneuse !

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17 réflexions au sujet de « 7%, 34 et 50 »

  1. je pense que la dyslexie aussi doit avoir un suivi pour etre diagnostiquer, mais c’est une autre histoire. et pour le dx de tsa, il est quand même assez difficile a obtenir.

    1. Merci beaucoup pour votre commentaire ! En effet, plusieurs facteurs peuvent être en cause lorsqu’un enfant a de la difficulté à lire et difficulté à lire n’égale pas toujours dyslexie. Actuellement, le MELS ne donne pas de « code » à un élève qui a un diagnostic de dyslexie.

      Et pour le TED, mon expérience professionnelle avec les établissements qui offrent cette évaluation m’a apprise que les diagnostics sont difficilement ou facilement donnés tout dépendant du lieu et de la personne qui effectue l’évaluation. Mais, mon expérience n’est peut-être pas représentative du tout. Aussi, je reconnais que travaillant auprès de la clientèle préscolaire, les diagnostics obtenus entre 0 et 5 ans sont souvent plus instables (tendance à être changés lorsque l’enfant grandit) que ceux qui sont posés à l’âge scolaire.

  2. Je pense exactement comme toi, c’est pas mal la seule explication… Les critères exigés par le MELS pour l’attribution du code 34 laissent bien des enfants dans le besoin sans support suffisant… Un TSA léger sera financé, mais un dysphasique mixte modéré, non, alors que le deuxième est parfois bien plus dans le besoin que le premier… À notre CS nous avons répertorié les troubles langagiers qui ne sont pas sévères ( ceux ayant un dx confirmé), je serais bien surprise de voir la prévalence en comptant tous les dysphasiques et pas seulement les 34… Ce serait sûrement plus réaliste.

    Katryne, orthophoniste en milieu scolaire

    1. Merci beaucoup Katryne de ton commentaire ! La démarche effectuée par ta CS est un pas dans la bonne direction je crois. Si jamais tu as l’information, je serais curieuse de connaître ça donne combien d’enfant en % ! Loin de nous l’idée d’enlever des services aux autres élèves en difficulté. Mais parfois, il semble que le trouble du langage n’est pas aussi reconnu qu’il devrait l’être.

  3. À notre CS aussi, nous avons un code de difficulté  »maison » pour identifier les élèves ayant un trouble d’apprentissage non reconnu par le MELS (incluant trouble de langage modéré, dyslexie, TTA, etc). Cela ne vient pas nécessairement avec des services supplémentaires au primaire (au secondaire, oui), mais au moins, ce code constitue un drapeau rouge qui indique que l’élève a besoin d’adaptations particulières et d’être suivi de très près. L’école peut également choisir d’organiser ses services différemment pour répondre aux besoins de ces élèves. Et au passage au secondaire, le « drapeau rouge » suit l’élève, ce qui fait qu’on risque moins de le perdre dans le système! Ce n’est pas parfait, mais c’est un début!

    Elise, orthophoniste en scolaire

    1. Super !! Je ne savais pas que certaines commissions scolaires avaient mises en place ces systèmes « maison ». En effet, ce « drapeau rouge » doit faire une différence pour plusieurs élèves qui passeraient inaperçus autrement =) Comme tu le dis, c’est un début ! Bravo à ta CS et à celles qui développent des pratiques similaires !

  4. Bonjour,
    Je suis mère d’un jeune enfant dysphasique « modéré » (résumé) qui fréquente l’écolee primaire. Votre article est intéressant et cela vient me chercher… Cela fait un bon moment que je me fais exactement la même remarque … J’habite Laval et je me suis toujours questionnée sur la raison pour laquelle ma commission scolaire ne répertorie pas les cas de dysphasie légère ou modérée, qui constituent pourtant la majorité des cas de dysphasie. À notre commission scolaire, il y a quelques centaines de cas de dysphasie (code 34) répertoriées, alors que la clientèle étudiante est d’environ 44 00 élèves … Et comme il n’y a pas de service au centre de réadaptation de ma région après l’âge de 5 ans, il n’y a aucun membre du personnel du centre de réadaptation au comité CCSEHDAA. Donc, il n’y a personne pour représenter les dysphasiques du milieu scolaire (contrairement aux déficients intellectuels ou TED). Les dysphasiques ne reçoivent que peu de services (que ce soit du réseau de la santé ou scolaire), alors qu’ils ont des difficultés tant dans la vie de tous les jours, qu’en milieu scolaire. Beaucoup de dysphasiques ne reçoivent aucun service en centre de réadaptation passé l’âge de 5 ans. En milieu scolaire, il manque cruellement de services et la coordination des services d’orthophonie entre le réseau de la santé et le MELS ne fonctionne pas. Peu de dysphasiques reçoivent des services individualisés et spécifiques d’orthophonie dans le milieu scolaire (ni pour les trouble à l’oral, ni pour les troubles qui en découlent à l’écrit). Ces enfants ont 2 besoins principaux en terme de langage: celui d’améliorer leur langage oral (ie réadaptation orthophonique individualisée), puis ils ont besoin d’aide pédagogique spécifique. De plus, je trouve injuste que dans le milieu scolaire, certains troubles physiques reçoivent un code (cela représente des milliers de dollars pour les commissions scolaires), alors qu’aucune somme (donc peu de services) n’est attribuée à la plupart des dysphasiques. La majorité des dysphasiques n’ont pas de code 34. La dysphasie est un trouble pourtant en lien direct avec les apprentissages … Autre point : un enfant avec plusieurs troubles d’intensité léger modéré n’aura pas de code non plus ; la façon d’attribuer des codes ne tient pas compte des réels handicaps en milieu scolaire … Pourquoi le MELS ne s’occupe pas de la problématique des dysphasiques (tous les degrés de sévérité) et dyslexiques en milieu scolaire ? Je soupçonne que la majorité des élèves avec troubles d’apprentissage et difficultés en lecture-écriture ont des troubles de langage (trouble oral ou écrit): plusieurs doivent aboutir en classe DGA après quelques années en milieu scolaire (et deviennent de futurs décrocheurs) … Sans code et sans service en milieu scolaire, sans suivi en centre de réadaptation, il est difficile pour les parents de se retrouver en un lieu commun pour discuter et réclamer des soins pour leur enfant … Comme la dysphasie est peu connu des médecins et qu’il n’y a pas de traitement médicaux pour soigner les dysphasiques, les familles reçoivent peu de soutien du milieu médical. Ce trouble est souvent vu que comme une difficulté pour parler ou comprendre, alors que les symptômes associés à la dysphasie couvrent des habiletés cognitives plus vastes (difficultés de généralisation, avec la mémoire verbale, les notions tem-s-espace, la motricité et les praxies, TDAH, etc). Finalement, dans certains articles relatifs aux difficultés scolaires, on parle de difficultés en lecture, en compréhension, en écriture, sans jamais identifier de diagnostics neurologiques précis. Et on n’a aucun chiffre précis sur la diplomation des élèves dysphasiques sans code versus ceux avec code 34. Il manque donc de données pour cerner le problématique et pour mettre sur pied des programmes efficaces d’aide à ces élèves … Il devrait y avoir une collaboration plus grande entre le réseau de la santé (ex : les orthophonistes, chercheurs, etc) et le réseau scolaire (orthopédagogues, personnes en adaptation scolaire, MELS), afin de mieux identifier les élèves avec troubles neurologiques (« DYS) et leur apporter de l’aide spécifique au niveau des apprentissages scolaires. Pour toutes ces raisons, je me dis: « Pourquoi l’Ordre des audiologistes et orthophonistes du Québec (OOAQ) ne fait pas une étude, en collaboration avec le MELS, sur tous les cas de dysphasie (et de dyslexie) » ? Il devrait y avoir un comité sur les troubles de langage et une politique nationale sur les troubles langagiers en milieu scolaire … Et ce sont les orthophonistes, qui, à mon avis, pourraient sonner l’alarme … Et si votre question était la source d’un débat publique constructif ?!!! Merci !

    1. Bonjour,j habite a laval aussi mon fils rentre en maternelle cette annee et il a une dyspasie modere .l ecole ne le sait pas encore .peux tu stp me dire comment ton coco s en sort avec sa dysphasie.et comment ca se passe a l ecole.moi je n ai le droit a aucune aide financiere.et je dois me dirriger vers le prive. Merci

      1. Bonjour Sarah,
        Écrivez-moi en privé sur facebook à Pascale Durocher … Au plaisir !

  5. Je suis d’accord avec le commentaire de Pascale, pourquoi les orthophonistes n’insistent pas sur la pertinence de ses enfants. Mes enfants sont diagnostiqué trouble primaire et persistant du langage avec composante de dyspraxie verbale sévère, mais comme ma fille sa compréhension n’est pas affecté sévèrement (léger à modérer) Elle n’aura pas de cote… Pourtant l’orthophoniste, l’ergothérapeute ainsi que les médecins (pédo et pédiatre) confirment qu’ils ont des difficultés d’apprentissage… Moi, ce que je ne comprends pas c’est qu’avec tout ce nombre et sachant très bien les difficultés d’apprentissage pourquoi l’ordre ne se prononce pas plus sur ce point, ni les orthophonistes et ni les ergothérapeutes se prononcent pourtant ça fait partie de la mission de l’ordre j’ai écris justement et la réponse ne m’a pas satisfaite, car elle n’a pas répondu à mes questions et depuis pas de retour de réponse. Donc, je vais aller plus haut. Ce que je trouve dommage c’est que tous ce bat chacun dans leur coin en sachant très bien qu’ainsi nous avons peut de pouvoir… Pourquoi l’ordre n’organise pas un regroupement? se joindre avec les commissions scolaires et les CPE et inclure les parents. Vous avez un rôle très important à jouer là dedans, car nos enfants ont besoin principalement de vous. Donc, les mieux placé, en dehors des parents pour comprendre les difficultés dans leur quotidien… Pourquoi il y a peu d’étude fait avec Ste-Justine sur les troubles de langage en particulier avec les dysphasie? Ça fait longtemps que les enfants dysphasie sévères sont reconnu au gouvernement et depuis rien n’a été fait pour les autres!!! Cela a un impact au niveau du décrochage scolaire, l’estime de soi des enfants etc. Tout ce beau monde ce lance la balle, cela ne fait pas partie de notre priorité de notre mission alors cela devient la priorité de qui? Pourquoi les organismes comme la Dysphasie, ortho et ergo ne se joint pas ensemble? La question n’est pas tant d’avoir d’autres explications, mais qu’attendez-vous pour bouger?

  6. Mesdames Pascale et Karine, merci de vos commentaires !
    Je serais la première heureuse qu’on parle plus de la dysphasie et du manque de service sur la place publique ! Une lettre rédigée par des orthophonistes a été publiée en février dernier concernant exactement ce que vous déplorez (http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201402/07/01-4736675-acces-aux-services-en-orthophonie-trop-denfants-sur-les-listes-dattente.php). Étant moi-même orthophoniste et côtoyant beaucoup au quotidien d’amies orthophonistes, sachez que vos préoccupations sont partagées ! Ce n’est pas parce que les orthophonistes ne sont pas dans les médias, qu’elles ne se battent pas dans chacun de leur milieu. Pourraient-elles faire davantage ? Sûrement. Mais il faudra plusieurs alliés pour obtenir plus de services pour les enfants vivant avec une dysphasie.

    Comme vous êtes à même de le constater, la dysphasie est bien peu connue dans le grand public et beaucoup de travail est à faire. Tout comme vous, les orthophonistes que je côtoie et moi-même souhaitons que les personnes vivant avec une dysphasie, quelque soit leur âge, obtiennent les services qui leur donneront la chance d’atteindre tout leur potentiel. Mais ces services ont un coût pour l’État et, aux dernières élections, les Québécois n’ont pas élu un gouvernement qui compte augmenter les dépenses selon ce que j’ai lu. Je ne dis pas qu’il faille baisser les bras, simplement que la tâche ne sera pas facile. Dans un contexte de coupure comme en ce moment, il est difficile de trouver de la nouvelle argent pour des nouveaux services.

    Si cela peut vous donner espoir, de plus en plus au Québec, les recherches en orthophonie et le travail des orthophonistes sont reliés et des dialogues s’installent. Je sais que le Ministère de la Santé et des Services Sociaux a demandé à un centre de recherche universitaire d’effectuer une recherche sur le pourcentage d’élèves atteints de dysphasie dans les écoles. Je ne sais pas si les résultats de l’étude sont encore sortis.

    Je me trompe peut-être, mais si je me rappelle bien, lors des auditions de la loi 21 (où le gouvernement a garanti aux enfants avec un diagnostic d’autisme 20 heures de service par semaine), ce sont les associations de parents qui ont fait la différence. L’Association Québécoise de la Dysphasie est peut-être une option pour faire les revendications et solliciter les élus ? Leur mission : « favoriser une meilleure connaissance des enfants atteints de dysphasie et de promouvoir à tous les niveaux les services d’aide à ces enfants et à leurs parents. » Serait-elle la voie pour rallier l’Association des CPE du Québec, l’Association des comités de parents du Québec, l’Association des orthophonistes et audiologistes du Québec,… ? Il existe de divisions régionales de l’Association pour la dysphasie. Je compte m’impliquer sur la mienne prochainement et j’invite évidemment tous les parents et orthophonistes à faire de même. Personnellement, cette association est l’option que je vais privilégiée pour faire avancer la cause de la dysphasie.

    J’ai une pensée pour vos enfants et pour votre famille et je leur souhaite le meilleur succès. Ils sont bien chanceux d’avoir des parents impliquées comme vous. Au plaisir de croiser un jour !

    P.S. Concernant vos questions sur les statistiques, vous pourriez sans doute demander au MELS les chiffres pour le taux de diplomation des élèves avec un code 34. Mais, comme vous le soulignez, on ne peut pas savoir ce qui arrive à ceux qui n’ont pas de code.

  7. Re-bonjour,

    Avec certaines lectures que j’ai faites, j’ai tenté d’estimer le % des enfants dysphasiques qui n’ont pas les critères pour obtenir la cote 34 du Ministère de l’éducation (MELS) … Pas facile …

    Est-ce que c’est plausible d’affirmer que 50 à 75% des dysphasiques n’ont pas de cote en milieu scolaire ? Si c’est vrai, cela voudrait dire que lorsque le MELS dit qu’il donne des services aux dysphasiques, c’est très loin de la réalité …

    Et comme la dysphasie est: « pas tout à fait » un trouble d’apprentissage, pas toujours codé 34, pas si spécifique que cela (car il y a presque toujours des troubles associés, au niveau moteurs, de la mémoire, TDAH, anxiété, troubles d’orientation « temps-espace », trouble de généralisation, etc), parce que l’association à divers troubles n’est pas considéré dans l’appréciation du handicap, qu’il n’existe ni médication, ni chirurgie pour aider ces jeunes, parce que la dysphasie est classée  » entre le trouble de santé mentale et la déficience physique », parce qu’on n’a aucune donnée fiable sur le nombre de dysphasiques dans le réseau scolaire, ni de données sur ceux obtenant leur diplôme secondaire (je parle ici de TOUS les dysphasiques, avec et sans code 34) , etc … La notion de dysphasie est difficile à saisir … et ces jeunes deviennent les oubliés du réseau de la santé et de l’éducation …

    Et pour ajouter à cette situation « flou », il n’existe pas de centre de réadaptation spécifiquement dédié aux troubles d’apprentissage et du langage … Donc personne pour défendre ces jeunes qui sont sans service …

    Tout cela fait que ces jeunes tombent souvent entre 2 chaises, dans un trou de service … SURTOUT les jeunes dysphasiques légers et modérés … Et pourtant, ces jeunes (sans code 34 dans le réseau de la santé) représentent la majorité des dysphasiques …

    La dysphasie, quelque soit son degré de sévérité, parce qu’elle est associé à de multiples troubles, parce qu’elle affecte la vie de tous les jours et les apprentissages, est un trouble important …

    Et cette situation voudrait dire que le réseau de la santé ne fait pas son travail ; en effet, sachant que la majorité des enfants dysphasiques n’ont aucun service, ni dans le réseau de la santé, ni dans le réseau scolaire, les professionnels de la santé, qui sont les premiers à suivre ces enfants, devraient suggérer la mise sur pied d’une table de concertation sur les troubles du langage et des apprentissages …

    Merci de votre écoute !

    1. Mon fils est dysphasique modérer a sévère avec une dyspraxie verbale, dyspraxie moteur aussi… et il passe entre 2 chaises donc …. je dois me battre pour avoir des services. Je trouve dommage parce que mon enfant veut a l’école il est en première année. Je dois pousser parce que les gens le comprennent….. grrr!

  8. Et comme les médecins, même si ce sont eux qui peuvent référer l’enfant en orthophonie, n’ont à peu près aucune formation sur la dysphasie …
    Ce sont donc les orthophonistes, mais aussi, les ergothérapeutes, psychologues, neuropsychologues qui sont les professionnels tout désignés pour éveiller le réseau de la santé à cette problématique du manque de fonds dédiés à recherche sur la dysphasie et aux services pour les personnes dysphasiques …

    Je finirais en disant que le travail en orthophonie, intensif, a vraiment changé la vie de mon enfant … la vie actuelle, mais aussi la vie futur …

    En tout cas, Marie-Pier Gingras, merci de soulever ce point … il est primordial …

  9. Merci beaucoup de votre réponse Pascale ! En effet, comme vous le décrivez, la dysphasie a plusieurs facettes et une table comme celle que vous présentez serait à tout coup bénéfique. Il fait bon de lire les commentaires des gens qui, comme vous, croient au potentiel des enfants vivant avec une dysphasie !

  10. Merci de votre réponse c’est très apprécie. Je suis très consciente qu’il faut que les parents se rallie et les associations aussi, mais après avoir discuté avec eux j’ai été très déçu de constater que leur mandat premier n’est pas de défendre les droits auprès de ses enfants afin de maximiser les services, mais plutôt d’offrir des activités étant donné qu’ils reçoivent des subventions de la part du gouvernement et doivent répondre de ça, triste réalité. Le problème va plus loin que cela et bien souvent le parent épuisé et pris dans ce système ne fait aucun recours. Je vous faire part en résumé de mon parcours afin de comprendre l’étendu de cette problématique et tout ce que cela implique. Premièrement, la garderie n’a joué aucun rôle de d’intervention précoce auprès de mes enfants, c’est moi même en tant qu’ancienne éducatrice et maintenant éducatrice spécialisée que j’ai observé des difficultés à l’âge de 2 ans que je leur ai fais part et leur réponse a été ils parlent tous comme cela (intelligible et peu de mots), je me suis questionné… bref, je vous épargne des détails. Au CLSC, j’ai vécu l’horreur, d’ailleurs à ce sujet une plainte à été porté avec l’assistance du CAAP et cela auprès de mes deux enfants, jumeaux. Finalement, après plusieurs consultations au privé et semi privé par le biais des universités et Ste-Justine j’ai pu obtenir une partie des diagnostics, certains toujours en attente autre que langage. J’ai réussi à obtenir des service une fois par le CLSC et ça été pour mon fils après 15 mois d’attente et j’ai du énormément insister, plusieurs lacunes dans leur dossier, et à ma grande déception c’était pour une évaluation sommaire, or dans mon cas elle a du lui faire une évaluation complète. Bref, avec quelques parents et un jeune adulte dysphasique on se rencontre afin d’évaluer auprès conseil également auprès d’attaché politique, les démarches gagnantes. De plus, de mon côté je multiplies les lettres envoyer à plusieurs ministres face à cette problématique. J’ai, par l’entremise de la lettre envoyé à M. Gaétan Barrette réussi à obtenir une rencontre avec la directrice du programme famille-enfant-jeunesse et la directrice du programme langage et motrice du Bouclier que je compte bien utiliser pour les sensibiliser. De plus, j’ai demandé à mon député d’intervenir et de convoquer également des rencontres auprès d’eux et de m’orienter dans les démarches comme conférence de presse que je compte faire sous peu. Je veux également dénoncer la problématique auprès des garderies, les mieux sont obligés de payer 5 jours même s’ils fréquentent 2-3 jours parfois 1 journée du aux nombreux rendez-vous. Ils reçoivent une subvention 5 jours par enfant plus handicapée et ils ne reçoivent pas toujours les services qu’il a été convenu dans l’intégration d’un enfant handicapée. Encore pire, ils ne sont pas obligé de refaire le plan d’intégration annuel, alors que faire si les besoins des enfants changent? Bref, j’entame des démarches la dessus… et pour couronner le tout je dois faire face et me battre pour les faire admettre a la maternelle 4 ans. Le Bouclier entre dans le dossier pour ma fille et demande la collaboration des parents. Faite le calcule, 15 mois minimum d’attente pour être vu par le CLSC et 1 an d’attente pour le Bouclier c’est énorme… Oui des démarches se font, mais nous avons besoin des que les professionnels s’impliquent avec nous. J’ai également publié et demander de partager votre lien dans l’article que vous avez publier merci ça fait du bien de voir que nous sommes pas les seules a se battre.

    1. Vous m’en apprenez sur ces associations. J’avais comme sentiment (je n’ai jamais vérifié il est vrai !) que leur mandat incluait la défense des droits et une augmentation des services pour les enfants qui ont une dysphasie et leur famille.

      Votre histoire est désolante et vous ne devez pas être la seule dans cette situation. Je suis de tout coeur avec vous : 15 mois d’attente, c’est trop long ! J’ai déjà travaillé pour un CSSS où il y avait 3-4 mois d’attente et on sautait de joie de pouvoir voir les enfants si rapidement. C’était vraiment agréable. C’est vraiment intolérable qu’il y ait tant d’attente (et de manière répétée : au CLSC et par la suite en réadaptation !). J’espère que les nouveaux « CISS » changeront cette manière de voir les choses. Si on sait que l’enfant a des difficultés, on le dessert. Il ne devrait pas y avoir de « trou » entre 2 établissements.

      Toutes vos démarches sont assurément beaucoup de travail. Les regroupements de parents et de personnes avec une dysphasie (comme le vôtre !) sont selon moi une des meilleures voies à suivre. Je vous envoie toutes mes énergies !! Vous pouvez utiliser sans gêne mes textes en indiquant qu’ils viennent de moi. Je fais de mon mieux pour rapporter des statistiques, des données et des recherches utiles au développement des services orthophoniques !

      P.S. Concernant les milieux de garde et l’utilisation de la subvention pour l’intégration, sachez que l’Ordre des orthophonistes planche aussi sur le dossier !

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