Dans mon bureau·Enfant·Réflexion

Les étiquettes, les étiquettes !

ÉtiquetteEn tant qu’orthophoniste, je crois que les mots ont beaucoup d’importance. À l’Université, j’avais été vivement reprise par une chargée de cours qui était très choquée du fait qu’on nomme les enfants avec une dysphasie, des « enfants dysphasiques » ou des « dysphasiques ». Elle disait que ces termes réduisaient l’enfant à son trouble. Elle avait fait référence à l’Association Américaine de psychologie et j’ai trouvé récemment la page à laquelle elle faisait référence. Ses paroles ont fait bien du chemin dans ma tête depuis et même si j’avais trouvé sa réaction très vive, depuis ce cours, je n’ai plus jamais utilisé les expressions « enfants dysphasiques » ou « dysphasiques ». J’utilise la version « longue »  (qui n’est pas si longue que ça au final !) : enfant avec un trouble du langage ou enfant avec une dysphasie. Évidemment, cela vaut pour toutes les étiquettes : TDAH, TSA, dyspraxie, etc. ! Ainsi, je ne dis pas que c’est « un TDAH » ou « un TSA », mais un élève qui a un TDAH, un enfant qui présente un TSA, etc.

En anglais, la différence est plus marquée qu’en français. On dit la difficulté avant de dire que c’est une personne :

Language disabled child VS Child with language disabilities

Enfant dysphasique VS Enfant avec une dysphasie

Tout le monde n’a pas la même sensibilité pour l’utilisation des mots. Certains intervenants, certains parents et certaines personnes vivant eux-mêmes avec un trouble X ou Y trouvent parfois que ça ne fait pas vraiment de différence, mais personnellement j’aime toujours souligner qu’on parle d’abord d’une personne et ensuite de sa difficulté. À vous de vous faire votre propre idée !

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3 réflexions au sujet de « Les étiquettes, les étiquettes ! »

  1. Je trouve que tu as raison. Ma fille m’a d’ailleurs déjà demandé si elle allait toujours s’appeler dysorthographique. Pauvre cocotte! Difficile de lui expliquer que sa difficulté risque de toujours être présente, mais qu’elle n’est pas que sa difficulté. Elle a aussi beaucoup de forces. Pour les adultes c’est clair, mais dans sa tête d’enfant, il faut croire que ça ne l’était pas!

    1. Marie-Claude, votre commentaire est très touchant et c’est pourquoi je crois tous les adultes qui côtoient ces enfants doivent faire bien attention à comment on nomme leur difficulté. Merci encore pour votre commentaire =D Bonne journée !

  2. Je partage ton avis, mais je réalise en te lisant que je ne le fais pas pour toutes les pathologies. En fait, j’y ai surtout été sensibilisée lors de ma formation en bégaiement : dire d’une personne qu’elle est bègue le réduit fortement à son trouble et l’enferme dans une image négative d’elle-même. Depuis, je ne parle plus que d’un enfant qui bégaie ou qui présente un bégaiement.

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