Pourquoi il NE FAUT PAS demander aux enfants de trouver des mots qui riment avec « bateau »?

to-write-774648_1920.jpgOui, oui, la conscience phonologique est sur toutes les lèvres et c’est une habileté importante pour l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Sauf, qu’il est important d’avoir des connaissances fortes avant d’intervenir sur cette habileté que ce soit en groupe ou individuel. Parce que les manuels contiennent des erreurs (voir ce résumé d’article scientifique), tout comme les activités trouvées sur Internet.

En effet, ce document publié par l’équipe d’une université québécoise indique que demander aux enfants de trouver des mots qui riment avec le mot « mignon » permet de développement la conscience phonologique… alors que c’est faux ! Trouver des mots qui riment, c’est une tâche qui évalue davantage la taille du vocabulaire que l’enfant maîtrise dans une langue donnée. Essayez de trouver des mots en portugais ou en allemand qui riment avec « biscuit » et vous verrez que la tâche est difficile, même si vous comprenez le concept de rime 😉

L’important, ce n’est pas qui fait l’erreur, ni où elle se trouve. J’ai moi-même parlé ici des choses que j’ai rédigées et qui sont périmées maintenant. Tout le monde peut faire des erreurs. Ouvrez l’oeil ! Et dans le doute, parlez-en à une orthophoniste 😉 !

P.S. Pour aider les enfants à comprendre le concept de rime, vous pouvez nommer des paires de mots qui riment (cadeau-auto) et des mots qui ne riment pas (mitaine-carton). Faites d’abord des commentaires vous-mêmes : J’écoute les mots : cadeau-auto. Oui, ça rime ! J’entends le son « o » à la fin des mots. J’écoute les mots : mitaine-carton. Non, ça ne rime pas. J’entends « ène » à la fin du mot mitAINE et j’entends « on » à la fin du mot « cartON ». Par la suite seulement, vous pourrez demander aux enfants de juger si deux mots riment.

Publicités

Pourquoi mesurer les bébés ne les aide pas à grandir ?

Je lis beaucoup de blogues sur l’orthophonie. Il y a énormément d’informations et de réflexions pertinentes qui y circulent (en plus, c’est gratuit !).

Pamela Snow, chercheure australienne en orthophonie, a rédigé un billet où elle répondait aux critiques face à l’enseignement de la correspondance graphème-phonème pour l’apprentissage du langage écrit (lecture et écriture). Elle comparait les tests et les dépistages au fait qu’on pesait les bébés. Évidemment, ni la pesée, ni le chiffre, ne change quoi que ce soit à la santé du bébé ! La pesée ne sert qu’à obtenir une donnée objective.

63303266_9cfe8765c0_z.jpg

C’est la même chose en orthophonie. Quand on mesure, on désire le faire objectivement, avec des tests valides et normés, qui permettent de comparer la performance de l’enfant aux autres enfants de son âge. Il faut aller au-delà de l’impression subjective. Lors de l’évaluation, l’orthophoniste va souvent poser beaucoup de questions à l’enfant pour obtenir cette mesure. Pour reprendre l’exemple du poids des bébés, ne pas utiliser de tests normés lorsqu’ils sont disponibles, c’est comme si une infirmière se fiait « à son oeil » plutôt qu’au ruban pour mesurer les bébés.

L’évaluation avec des outils standardisés est donc nécessaire (notamment pour identifier les enfants avec des difficultés) mais elle n’est pas suffisante pour aider l’enfant à s’améliorer.

Bref, évaluer un enfant sans utiliser les outils standardisés lorsqu’ils existent ou l’évaluer trop souvent (au CLSC, puis au centre de réadaptation, puis à l’école, etc.) sans intervenir ne sont pas de bonnes pratiques.

Anaïs Deleuze partage des ressources gratuites et accessibles en ligne : Que demander de mieux ?

L’automne est commencé et vous n’avez plus le temps ni l’argent pour consulter des articles pour vous maintenir à jour ? Voici une ressource incontournable pour vous !

Depuis février 2017, Anaïs Deleuze, orthophoniste québécoise clinicienne travaillant également en recherche au laboratoire d’Yves Joannette, publie mensuellement une infolettre regroupant des ressources gratuites et accessibles en ligne.

J’ai croisé Anaïs à quelques reprises et j’ai été impressionnée par son esprit vif, son engagement envers ses clients et envers la profession ainsi que par sa rigueur scientifique. Anaïs a un grand intérêt pour tout ce qui a trait au transfert de connaissance. Je sais que rédiger une infolettre prend du temps et je remercie Anaïs de sa générosité !

Pour consulter l’infolettre qu’elle a publiée ce mois-ci, cliquez ici.

Pour s’inscrire et recevoir son infolettre tous les mois gratuitement, c’est ici!