Question/Réponse : Quoi faire avec un enfant qui parle tout bas ?

Voici le deuxième article d’une série de billets sur les questions/commentaires que j’ai reçus depuis le début de ce blogue.

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QUESTION / COMMENTAIRE

Je côtoie un enfant de 2 ans qui parle toujours tout bas. Nous avons beaucoup de difficulté à le comprendre étant donné qu’il murmure tout le temps. Il est de tempérament timide et je me demandais s’il était souhaitable de recommander des actions en ce sens.

MA RÉPONSE

Est-ce que l’enfant parle avec un volume normal avec ses parents quand il est à la maison ?

Si oui, c’est donc de la timidité. Il y a des choses qui peuvent être essayées, mais on ne peut pas vraiment « forcer » un enfant à parler plus fort. Voici les choses que je fais et qui fonctionnent parfois. Il n’y a pas de recette magique 😉

– Je parle parfois très bas moi aussi pour être au même niveau que l’enfant. Des fois, des enfants se rendent compte qu’on ne les comprend pas quand ils le vivent et ça peut les influencer. En groupe, je peux impliquer les autres enfants et demander à l’enfant qui parle trop bas de dire aux autres, ou de me dire, de parler plus fort. Et je fais exprès de parler très bas. Je peux aussi lui dire : « J’ai entendu (et chuchoter) », voir ce que ça va donner.

– Je peux ouvrir directement sur le sujet et dire quelque chose comme : « J’ai de la difficulté à comprendre quand tu parles parce que tu parles trop doucement. J’aimerais ça bien comprendre. C’est important parce que toi, tu as des choses à dire : ce que tu veux, ce que tu as fait, que tu as hâte de voir ton frère, etc. Tu essaieras tantôt de parler un peu plus fort voir si je vais mieux comprendre. » Souvent, je parle à l’enfant de ce qu’il pourrait faire un peu plus tard car je trouve que ça enlève de la pression.

– Je reste très honnête avec l’enfant. Si je n’ai pas compris, je lui dis: «  Je n’ai pas compris, dis-le plus fort. » Si l’enfant ne le redit pas, je lui offre un choix et je garde ça positif : «  Tiens, ton bonhomme. La prochaine fois, tu vas penser à le dire plus fort pour que je comprenne bien, hein. Je pense que tu es capable ! » 

– Je peux aussi parler/jouer avec lui sans le regarder, sans contact visuel pour diminuer la gêne. Étonnement, ça fonctionne assez souvent parce que l’enfant ne peut pallier avec ses gestes ou avec un regard.

– Des fois, utiliser une marionnette peut aider certains enfants à interagir avec une personne. L’enfant peut se « cacher » derrière sa marionnette et prendre une autre voix. Donnez-lui le loup dans les trois petits cochons et voyez ce que ça donne 😉

Si c’est un enfant qui parle toujours doucement (même avec ses parents), il faudrait peut-être consulter en ORL afin de vérifier si sa voix fonctionne bien.

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Faire front commun pour les difficultés de langage : l’exemple du Royaume-Uni

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C’EST QUOI ? 

Communication Trust est un site anglophone où vous trouverez plusieurs ressources concernant les difficultés de parole, de langage et de communication. Fondé au Royuame-Uni, par 4 organismes (Afasic, BT, the Council for Disabled Children and I CAN), le groupe a maintenant plus de 50 organismes associés. Bien que Communication Trust soit un organisme à but non-lucratif, certaines des ressources dont il fait la promotion doivent être achetées.

LEURS OBJECTIFS

  1. Sensibiliser la population aux difficultés de parole, de langage et de communication et à leurs impacts.
  2. Soutenir toutes les personnes qui côtoient des enfants avec des difficultés de parole, de langage et de communication afin que ces personnes aient les connaissances et les compétences nécessaires pour soutenir le développement de la parole, du langage et de la communication.
  3. Soutenir toutes les personnes qui côtoient des enfants avec des difficultés de parole, de langage et de communication afin que ces personnes puissent travailler de concert avec les familles.
  4. S’assurer que le gouvernement soit conscient des difficultés de parole, de langage et de communication et qu’il en tienne compte lorsqu’un service est développé ou lorsqu’une loi est révisée.

Voir le plan d’action de l’organisme et leur page Facebook.

LEURS ACTIONS 

Comme vous pourrez le voir, Communication Trust est un organisme très actif au Royaume-Uni !

Regroupement d’interventions qui ont été démontrées efficace via des études scientifiques. Inscription nécessaire et gratuite pour accéder à la base de données. Lire les avertissements avant consulter la base de données. Il est possible de chercher selon le domaine (parole, langage ou communication), l’âge, le palier d’intervention (universelle, ciblée, spécialisée), le format, le niveau de preuve et la personne qui interviendra (enseignant, orthophoniste, etc.).

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Production d’une étude sur les connaissances des personnes qui côtoient des enfants avec des difficultés de parole, de langage ou de communication

Formation en ligne pour les personnes qui côtoient des enfants avec des difficultés de parole, de langage ou de communication

Projet « No pens day Wednesday » lors duquel les enseignants sont invités, tous les mercredis, à laisser de côté papier et crayon et à se concentrer sur des activités orales : https://www.youtube.com/watch?time_continue=3&v=33eEyLhXpWQ

Participation lors de consultations publiques gouvernementales

Production de documentation écrite pour sensibiliser toute la population aux difficultés de parole, de langage et de communication (ex.: à l’intention des parents ayant des enfants entre 0 et 5 ans et entre 5 et 11 ans)

Production de vidéos pour informer sur le développement normal du langage

10 questions à poser avant de débuter un suivi en orthophonie

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Source : http://laraveldaily.com/checklist-8-things-launching-laravel-project-live/

Vous pensez débuter un suivi en orthophonie? Vous vous demandez comment choisir l’orthophoniste qui évaluera et interviendra auprès de votre enfant? Voici 10 questions à poser avant de débuter un suivi afin de vous aider à choisir la professionnelle qui vous conviendra. En tout temps, vous pouvez vous assurer que la personne que vous rencontrerez est membre de l’Ordre des orthophonistes et des audiologistes du Québec sur le site de l’OOAQ.

Expérience et formation

1. Quelle est sa clientèle habituelle : âge et types de difficultés ? Quel pourcentage de sa clientèle a la même difficulté que votre enfant (si vous connaissez déjà son diagnostic)?

Toutes les orthophonistes ne travaillent pas avec toutes les clientèles. Certaines interviennent uniquement auprès des enfants de plus de 3 ans, d’autres se spécialisent en bégaiement, d’autres encore font uniquement du langage écrit (lecture/écriture), etc.

2. Que fait-elle pour se tenir à jour ? A-t-elle suivi des formations d’appoint au cours de la dernière année ?

Tout comme en médecine ou en psychologie, les recherches scientifiques se développent rapidement en orthophonie. L’orthophoniste doit donc effectuer de la formation continue après l’obtention de sa maîtrise. Elle peut entre autres participer à des formations ou lire des articles scientifiques.

Déroulement des rencontres et philosophie d’intervention

3. Comment se déroule les rencontres habituellement ? Est-ce que les parents sont présents lors de l’évaluation ? Lors de l’intervention ? Est-ce que la fratrie est admise lors des rencontres ?

Certaines orthophonistes tiennent absolument à ce que les parents assistent aux rencontres, d’autres préfèrent lorsqu’ils sont derrière un miroir sans tain et d’autres encore laissent le parent décider. Il est important que vous soyez à l’aise avec le déroulement des rencontres. Si vous préférez être dans le local avec votre enfant, précisez-le. Pendant les thérapies, les parents peuvent être absents, ils peuvent observer ce que l’orthophoniste fait ou ils peuvent participer à l’activité. Encore là, tout dépend de votre préférence et de la préférence de l’orthophoniste. N’hésitez pas à questionner l’orthophoniste sur le rôle des parents pendant les thérapies. Si vous prévoyez assister aux rencontres avec un membre de la fratrie, demandez à l’orthophoniste si c’est possible.

4. Si vous avez des préoccupations concernant la collaboration de votre enfant, vous pouvez lui demander comment elle ajuste ses interventions avec un enfant timide/inattentif/opposant, etc.

De manière générale, les orthophonistes sont habituées et utilisent différentes stratégies pour obtenir la collaboration des enfants. Sachez qu’en tout temps, vous pouvez interrompre le suivi en orthophonie si vous trouvez que le courant « ne passe pas » entre elle, vous et votre enfant. C’est normal que ça ne clique pas avec tout le monde !

5. Quelle est l’implication attendue des parents entre les rencontres ?

Certaines orthophonistes remettent des stratégies que vous êtes libres d’appliquer au quotidien, d’autres remettent des devoirs précis (ex.: des tâches à effectuer sur des feuilles photocopiées). Soyez honnête avec l’orthophoniste sur le temps que vous avez à consacrer à ces activités pendant la semaine. Une partie de son travail est de s’adapter à la réalité de votre famille et de vous offrir des stratégies qui s’intègrent à votre quotidien.

6. Comment se passe la collaboration et la communication avec le milieu de garde, l’école et les autres professionnels qui côtoient votre enfant ?

Si vous désirez que l’orthophoniste participe au plan d’intervention à l’école ou qu’elle contacte l’éducatrice de votre enfant, demandez-lui comment elle procède habituellement.

Pratico-pratique

7. Coût :  Combien coûte une rencontre d’évaluation ou d’intervention ? Combien de rencontres sont habituellement nécessaires pour évaluer un enfant de cet âge ? Quels modalités de paiement sont acceptés ?

8. Quels sont les disponibilités pour les rencontres : de jour, de soir, la fin de semaine ? Quelle est la fréquence et la durée des rencontres ?

Tout dépendant de votre préférence et des besoins de votre enfant, les rencontres peuvent être à toutes les semaines, à toutes les deux semaines ou encore à tous les mois. Les rencontres durent habituellement entre 30 et 90 minutes.

9. Y a-t-il une politique d’annulation ? Si oui, quelle est-elle ? 

Combien de temps à l’avance devez-vous aviser afin de ne pas payer de frais ?

Impression générale suite à l’échange

10. Vous sentiez-vous à l’aise lors de la conversation ? L’orthophoniste a-t-elle bien répondu à vos questions ? Plus vous serez à l’aise, meilleure sera la collaboration et les progrès de votre enfant. Fiez-vous à votre sentiment !

En tout temps, si vous ne comprenez pas ce que l’orthophoniste vous dit, ce qu’elle fait auprès de votre enfant ou si vous êtes mal à l’aise, mentionnez-le. Il est essentiel que vous compreniez et que vous soyez d’accord avec les stratégies utilisées.

L’orthophonie est une science et le professionnel que vous consultez doit être apte à vous fournir des explications et à vulgariser l’information sur les difficultés de votre enfant.

Bonne rencontre !

La très grande majorité des orthophonistes étant des femmes, le féminin est utilisé dans ce texte.